Village
de Deir el-Médineh

Situé
dans un vallon au flanc de la montagne thébaine, le site de Deir
el-Médineh est le plus important ensemble d'habitations civiles
découvert à ce jour. Du début du XVème siècle,
sans doute dès le règne de Thoutmosis Ier (1504-1492 av.JC)
jusqu'aux derniers ramessides (milieu du XIème siècle),
des générations d'artisans se sont succédé
dans ce village. Sous haute surveillance, les ouvriers étaient
employés à la décoration des tombes royales. Leurs
loisirs, ils les occupaient à la réalisation de leur propre
sépulture, à la lisière du village.
Le
village de Deir el-Médineh, inscrit à l'intérieur
d'une enceinte, était divisé par une rue principale de
part et d'autre de laquelle vivaient les deux équipes qui se
partageaient le village. Les ruelles qui séparaient les maisons
étaient probablement couvertes afin d'abriter du soleil.
Des
spécificités architecturales et décoratives placent
les tombes des artistes et artisans ayant vécu dans ce village
dans une catégorie distincte de tombes privées thébaines.
Ces tombes sont précédées de cours enfermées
dans des murs bas en briques de terre crue, pouvant inclure un jardin
et un étang.
Derrière
une petite pyramide s'élève ( pas plus de 10 m de haut)
qui peut contenir une petite chambre ou une niche dotée d'une
stèle. Ce sont les dernières pyramides à faire
partie du plan d'une tombe égyptienne.
L'espace
est rare et les tombes servent non à des individus, mais à
des familles entières. Ainsi la tombe de Sennedjem contenait
20 dépouilles mortelles
Le
décor est presque exclusivement consacré aux textes et
aux scènes du Livre des Morts, empruntant au répertoire
de scènes religieuses ornant les tombes royales de la Vallée
des Rois. En optant pour ces scènes, les ouvriers semblent affirmer
l'existence d'une relation spécifique existant entre la cour
royale, les dieux et eux-mêmes.
Tombe
de Sennedjem
Découverte
intacte en 1886 avec l'ensemble de son matériel funéraire,
cette tombe appartenait à un maître artisan de la nécropole
durant les règnes de Séthi Ier et Ramsès II.
Un
étroit escalier donne accès à l'unique chambre
du tombeau, ornée d'un cycle de peintures aux couleurs d'une
étonnante fraicheur. D'inspiration essentiellement religieuse,
elles mettent en scène le défunt et son épouse
devant différentes divinités.
Osiris
portant le sceptre et le fouet.
Un
fils de Sennedjem, vêtu en prêtre offre de l'eau à
son père.
Sennedjem
et sa femme se recueillent devant une chapelle. Osiris, (le premier
sur la rangée du haut) et Ré-Horakhty (le premier sur
la rangée du bas) précèdent 11 autres dieux de
l'Autre Monde. Le texte est tiré du Livre des Morts.
Sennedjem
et sa femme moissonnent dans l'autre monde. Scène très
célèbre considérée comme scène d'école.
Le
plafond de la chambre funéraire.
Scènes
religieuses conventionnelles. A droite, Sennedjem et
sa femme acceptent des libations d'eau et des pains de la déesse
Nout, dont le corps émerge d'un sycomore.
A
gauche, Sennedjem se tient devant les portes du ciel. Les gonds
inférieurs sont sur terre, les gonds supérieurs dans le
hiéroglyphe désignant le ciel. 
Tombe
d'Inherkhaou
Cette
tombe n'est pas la mieux exécutée mais elle est riche
de détails intéressants. C'est un exemple de la peinture
de la XXème dynastie et l'une des rares tombes connues de cette
période à Deir el-Médineh. Inherkhaou était
chef d'équipe.
Après
la descente par un étroit boyau, on parvient à une antichambre
dont seul le plafond a conservé des restes de décoration
(figures géométriques). 
De
là, on accède à la chambre funéraire.