TEMPLE d'EDFOU

 
   

 

 
 

 

Le temple d'Horus faisait partie d'une vaste cité florissante depuis les premières dynasties égyptiennes. Edfou était la capitale du IIème nome de Haute-Egypte, elle était le "siège d'Horus", dieu-faucon tutélaire du nome. Horus, protecteur de Rê, était aussi, en tant que fils d'Osiris le modèle du souverain auquel tous les rois d'Egypte allaient être assimilés pendant trois millénaires.

Pour les Ptolémées, souverains d'origine étrangère, le choix d'Edfou pour ériger un temple de cette importance relevait du désir de se fondre dans la tradition pharaonique. De plus, il venait contrebalancer ici la puissance du cléger d'Amon.
Les travaux débutèrent par le sanctuaire et la première pierre fut posée en 237 av.JC. En 142 av.JC, le roi Ptolémée VIII le consacra. Les travaux se poursuivirent jusqu'en 56 av.JC.

Lorsque les soldats de Bonaparte découvrirent le temple, il était dans le sable jusqu'aux architraves. Il fut dégagé sous la direction d'Auguste Mariette à partir de 1859.

Peint par David Roberts en 1838

De nombreuses fêtes éraient célébrées dans ce temple, parmi lesquelles, la fête du Nouvel An pendant laquelle la divinité était exposée aux rayons du soleil ; la fête de la Bonne Réunion célébrait l'hymen d'Horus et d'Hathor de Dendera.

Le Mammisi

C'est dans ce petit temple d'époque romaine qu'était fêtée chaque année la naissance d'Harsomtous qui constitue avec ses géniteurs Horus et Hathor la triade d'Edfou. Au fils du dieu-faucon était assimilé le souverain régnant qui, par ces célébrations, réaffirmait son ascendance divine et sa légitimité sur le trône du Double Pays.

Le 1er pylône

Cette entrée monumentale haute de 36 m ( l'équivalent d'un immeuble de 12 étages) est la dernière réalisation du programme de construction d'Edfou. La décoration, moins soignée que dans les parties intérieures, fut achevée au 1er siècle avant notre ère, sous le règne de Ptolémée XII : on retrouve son cartouche signant les scènes rituelles de massacre des captifs.
Contrairement à la plupart des temples égyptiens de la Vallée du Nil, celui d'Edfou n'est pas orienté perpendiculairement au fleuve, mais selon un axe nord-est. Aucun texte n'a permis d'expliquer ce détail singulier. Au-dessus de la porte, le linteau rappelle la symbolique courante : le disque solaire qui s'élève entre les montagnes, les deux môles, appelées Isis et Nephtys, les deux divinités protectrices de l'astre solaire naissant.

La cour

Statue d'Horus en granit d'Assouan, c'est la seule conservée d'une paire qui flanquait l'entrée

Dans cet espace pénétrait le cortège d'Hathor, la déesse venue de Dendera par le Nil pour célébrer chaque année la fête de la Bonne Réunion. Cette cour est encadrée sur trois côtés par un portique aux chapiteaux ouverts d'une grande variété.

Chapiteau palmiforme

Chapiteau papyriforme ouvert

Les reliefs de la face interne du portique illustrent les principaux moments de la fête.

Le voyage aller :
La barque d'Hathor, reconnaissable aux effigies de la déesse à cornes de vache qui ornent la poupe et la proue du navire.

 

Le retour du cortège divin :
La navigation s'effectue cette fois dans le sens du courant, les voiles sont déployées.

 

Sur les murs latéraux, une même scène de procession se répète.

Rappel que l'Egypte est constituée de 22 nomes au Nord et de 20 nomes au Sud.
Chaque nome est représenté par quatre personnages accompagnés de l'emblème de la divinité locale.
Atoum, Geb, Hathor, Knoum

 

La salle hypostyle

Elle permet d'accéder au saint des saints. Dans la petite chambre à gauche de l'entrée, le grand prêtre du temple procédait d'abord aux purifications rituelles.
Les murs latéraux présentent des scènes de processions de prêtres et de dieux célébrant le Nouvel An.

 

La salle des offrandes

Le décor est consacré au roi faisant des offrandes à Horus

 

 

Le sanctuaire

Le naos est un superbe bloc monolithe de granit noir. Il était autrefois fermé par une porte à deux battants en cèdre du Liban rehaussé de cuivre et d'or. Frappé du cartouche de Nectanébo II, il est donc plus ancien que le temple lui-même.

Le détail de la cérémonie qui s'y déroulait selon un rituel immuable est gravé dans la 1ère partie des parois latérales :

le matin, après avoir gravi les marches du naos, le grand prêtre en brisait les sceaux qu'il avait apposés la veille au soir, puis ouvrait les deux battants pour permettre à la statue divine d'entamer sa course diurne.

le soir, il refermait les portes de cèdre, y appliquait les sceaux et se retirait à reculons, après avoir effacé les traces de ses pas à l'aide d'un balai.

Le couloir extérieur

Le long de ce couloir, des scènes sont gravées : l'intronisation royale, la fête du couronnement d'Horus et le combat victorieux d'Horus contre Seth. A la partie supérieure du mur, à intervalles réguliers, de monumentales gargouilles à tête de lion sont placées. Ces gargouilles servaient à évacuer les miasmes du temple, pollution malfaisante qui aurait pu en souiller la pureté.

 

 

   
 
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