
Le
nom de "Louxor", vient de l'arabe al-Uksur, "fortification"
qui dérive lui-même du latin "castrum"
Aménophis
III (1391-1353) ordonna la construction de cet ensemble à l'emplacement
d'un lieu de culte déjà aménagé par la reine
Hatchepsout. Toutankhamon, Horemheb puis Séthi Ier contribuèrent
ensuite à l'embellissement de l'ouvrage, mais c'est Ramsès
II (1279-1213) qui fut l'autre grand maître d'ouvrage de cet ensemble.
Bien des siècles plus tard, Alexandre le Grand édifia
en avant du sanctuaire une chapelle reposoir pour la barque sacrée.

Pour
les anciens Egyptiens, le temple de Louxor était le "harem
méridional du seigneur de Karnak". Chaque année,
lors de la fête d'Opet, Amon se déplaçait en grande
procession de son temple de Karnak accompagné de Mout, sa parèdre
et de son fils Khonsou pour se rendre dans son "harem méridional"
pendant plusieurs jours, afin de régénérer son
énergie créatrice. Pour les rois d'Egypte, cette fête
revêtait une signification particulière : Amon y réaffirmait
le dogme de la théogamie royale selon lequel le pharaon était
le propre fils du dieu et donc son droit à règner sur
le Double-Pays.
Au
début du Nouvel Empire, un canal rempli d'eau s'écoulait
à cet endroit et les barques sacrées naviguaient dessus
entre Karnak et Louxor ; ce canal était encadré par une
allée de Sphinx. A la fin du Nouvel Empire, alors que les fêtes
lunaires avançaient dans le calendrier et ne se déroulaient
plus pendant la crue annuelle, il n'y avait pas assez d'eau pour les
barques, le canal fut comblé puis pavé. Depuis, les processions
se sont déplacées par voie terrestre et ensuite sur le
Nil.
Dans
son état actuel, cette allée de Sphinx (le dromos) remonte
au règne de Nectanébo Ier (379-361), un des derniers pharaons
indigènes d'Egypte. Il remodela les Sphinx à son effigie.
Vu
par David Roberts en 1838
Sur
les môles du pylône de Ramsès II, deux paires de
rainures recevaient les mâts de fête, maintenus dans leur
partie supérieure par des cordages au niveau des ouvertures qui
apparaissent comme des fenêtres. Les reliefs, dont les couleurs
se détachaient à l'origine sur un fond blanc racontent
la grande victoire de Qadesch. Sur le môle droit on peut distinguer
Ramsès II coiffé du Khépresh ( la couronne bleue
portée lors des batailles).
Au
niveau inférieur, du côté droit, est gravé
un long texte hiéroglyphique : le poème de Pentaour, scribe
qui relate à la manière d'une épopée cette
fameuse campagne de l'an 5 du règne.
A
l'origine, contre le pylône, se dressaient six statues monumentales
du pharaon en granit : deux colosses assis et quatre debout, dont un
seul subsiste du côté droit. Deux obélisques encadraient
l'entrée, traits d'union entre les dieux et les hommes, qui réfléchissaient
sur leur pyramidion doré la présence du dieu solaire.
Il ne subsiste plus qu'un obélisque, à l'est, l'autre
orne depuis 1836 la place de la Concorde à Paris.
Détail
du trône de la statue colossale de Ramsès II : les dieux
du Nil relient les deux terres d'Egypte ( Basse et Haute-Egypte)
La
cour de Ramsès II


Ramsès
II
Nom
de naissance de Ramsès II : Ramsès Méryimen "Rê
l'a engendré, l'aîmé d'Amon"
Bien
qu'appartenant à un projet semblable du souverain, la cour de
Ramsès II suit un axe différent du reste du temple : cette
déviation, perceptible dès la grande colonnade d'Aménophis
III, permit sans doute d'aligner la porte du pylône sur l'allée
des Sphinx conduisant à Karnak. Le parallélogramme formé
par cette cour, dont aucun angle n'est droit, est doublé d'un
portique de colonnes à chapiteaux papyriformes fermés.
Les 11 colosses debout appartenaient en fait à Aménophis
III et furent usurpés par Ramsès II. La partie Nord-Est
n'a pu être dégagée du fait de la présence
de la mosquée Abou el-Haggag, à 5 m au dessus du niveau
de la cour. Deux colosses assis encadrent le passage vers la grande
colonnade et les parties les plus sacrées du temple.
La
triple chapelle-reposoir
La
chapelle-reposoir est une construction antérieure au projet architectural
de Ramsès II ; on y a retrouvé des cartouches gravés
au nom d'Hatchepsout et de Thoutmosis III. Il s'agit sans doute de l'un
des six reposoirs qui jalonnaient l'allée des Sphinx où
faisait halte la procession de la fête d'Opet. Lors de l' aménagement
de l'entrée du temple, Ramsès fit démonter cette
chapelle pour la reconstruire dans sa cour à péristyle
et fit masquer les cartouches des pharaons précédents
pour y faire figurer son propre nom.
Des
scènes intéressantes se trouvent à droite du passage
vers la grande colonnade. Les dix-sept fils de Ramsès II avancent
vers le temple, leurs noms et titres apparaissent derrière chacun,
représentés dans l'ordre chronologique avec l'ainé
Amenhekhepechef.
La
grande colonnade et la cour d'Aménophis III
Au-delà
de la cour de Ramsès II, deux rangées de hautes colonnes,
la grande colonnade, à chapiteaux campaniformes ouverts se détachent
sur le ciel. Sous le règne d'Aménophis III, elles étaient
enserrées dans des murs latéraux et une couverture de
dalles de pierre devait prendre place au-dessus des architraves.
La
cour d'Aménophis III est encadrée par un double portique
à colonnes fasciculées. Par ses dimensions surhumaines,
elle renoue avec le goût pour le colossal, absent de l'architecture
égyptienne depuis l'Ancien Empire. Les murs extérieurs
et la couverture du portique ont disparu, offrant au ciel cette forêt
de colonnes. C'était le point d'aboutissement du cortège
des barques sacrées qui étaient déposées
dans des chapelles ouvrant sous le portique sud. Au fond de la cour,
une salle hypostyle transformée en chapelle impériale
à l'époque romaine précède la partie la
plus sacrée du temple.
La
salle hypostyle
Vue
de la cour d'Aménophis III depuis la salle hypostyle
La
chapelle romaine
L'abside
de la chapelle romaine
La
chapelle, à l'origine couverte d'une toiture soutenue par huit
colonnes, fut transformée à l'époque romaine en
principia, chapelle où étaient déposées
les enseignes des légions et où était rendu un
culte aux deux augustes et aux deux césars. On y a relevé
des traces de peintures murales représentant les quatre maîtres
de l'Empire auxquels une assistance de soldats rend hommage : ce sont
les visages de ces soldats que l'on distingue dans la partie gauche
du mur du fond. Cette salle n'a pas abrité d'effigie mais on
conduisait ici sous le règne de Dioclétien, les Chrétiens
que l'on forçait à abjurer leur foi devant l'autel impérial.
La niche romaine fut aménagée à l'emplacement du
passage qui donnait accès au saint des saints.
Le
visage d'un soldat romain
Dans
le reposoir d'Amon-Rê, des scènes présentent Alexandre
le Grand debout devant Amon ithyphallique, Amon-Min.