
Médinet
Habou est, après Karnak, l'ensemble architectural le plus impressionnant
de la région de Louxor. Il tire probablement son nom de la proximité
du temple funéraire d'Amenhotep, fils d'Apou, le grand serviteur
de l'Etat sous Aménophis III
Entouré
d'une enceinte de briques crues, (une partie est préservée),
le périmètre sacré englobait, outre le temple lui-même,
des dépendances, le logis des prêtres et le palais royal
ainsi qu'un temple plus ancien, construit sous Hatchepsout et Thoutmosis
III. L'enceinte de Médinet Habou cerne plusieurs édifices
dont le plus connu est le temple funéraire de Ramsès III.
Il était connu dans l'Egypte ancienne comme sa "Demeure
des Millions d'Années".
A
partir de la fin de la XXème dynastie (XIème siècle
av.JC), le temple abrita le centre administratif de la région
de Thèbes Ouest.
Aux
époques éthiopienne et saïte (XXVème et XXVIème
dynasties 747-525 av.JC) les divines adoratrices d'Amon y possédaient
leurs temples funéraires. Pour les Egyptiens, chaque matin était
une nouvelle création d'Amon. Pour stimuler l'énergie
sexuelle fécondante du dieu, la divine adoratrice, escortée
d'une troupe de jeunes vierges, charmait le démiurge par ses
danses et ses parfums. Au Nouvel Empire, cette "épouse et
main de dieu" se recrutait parmi les princesses royales. Après
quelques années de sacerdoce, certaines devenaient épouses
et mères de roi. L'institution fut abolie par les Perses, au
VIème siècle avant notre ère.
Les
chapelles des Divines Adoratrices.
Ces
édifices de Basse-Epoque ( XXVIème dynastie) servaient
de temple funéraire aux adoratrices d'Amon, princesses royales
qui représentaient le pharaon auprès du clergé
de Thèbes.
La
porte d'entrée

L'accès
au temple s'effectue par une porte monumentale, le Migdol, qui est encadrée
de deux corps de garde décorés de scènes d'offrandes
au nom du souverain. La conception du Migdol reste unique en Egypte
: il emprunte son plan aux forteresses asiatiques que le pharaon enleva
au cours de ses guerres en Orient. Souvenir de campagne, cet imposant
édifice devait éloigner les mauvais esprits du périmètre
sacré.
Pour
rappeler le caractère militaire de l'ouvrage, des ouvertures
furent ménagées de part et d'autre du passage.
Deux
larges baies font également face à l'agresseur, elles
sont surmontées du disque ailé et encadrées par
deux cobras. Les deux tours comprenaient deux étages accessibles
par des escaliers intérieurs.
Le
Ramesseum
Ramsès
II appela son temple funéraire " le Temple des Millions
d'années d'Ouser-Maât-Rê" et il était
connu des visiteurs de l'Antiquité comme le Memnonium. Aujourd'hui,
c'est le Ramesseum, un nom inventé par Jean-François Champollion.
Il
fut construit à la limite de la zone cultivée, à
côté d'un canal de cérémonie qui partait
du temple de Séthi 1er au Sud de Médinet Habou.
Comme
sur beaucoup d'autres monuments de Ramsès II, le décor
évoque une campagne militaire contre les Hittites en l'an 5 de
son règne.
Le
temple de Ramsès III
Pour
construire son temple funéraire, Ramsès III s'inspira
de celui qu'avait édifié, un siècle plus tôt,
Ramsès II, le grand ancêtre pour lequel il était
pétri d'admiration. Même majesté, même souci
de graver sur les murs de sa demeure éternelle les hauts faits
de son règne : en l'occurrence, la gloire d'avoir écarté
de l'Egypte la menace des Peuples de la Mer.
Le
1er pylône
Lorsque
le profane pénétrait dans la cour, il était ébloui
par la masse de ce pylône et par ses deux môles, hauts à
l'origine de 22 m (19 aujourd'hui). La décoration est tout entière
dédiée à la gloire de Ramsès III. Sur les
deux massifs, on le voit sacrifier des prisonniers dans des scènes
de composition traditionnelle. Sur celui de gauche, il offre les captifs
à Amon qui lui tend le glaive, khépeh, servant
lors des rituels royaux. Le massif de droite est orné d'une scène
similaire augmentée d'une longue inscription rappelant les exploits
du souverain.
La
première cour
Détail du
triomphe du roi
Elle
est bordée de part et d'autre par un portique, délimitée
à droite par des piliers osiriaques et à gauche par des
colonnes à chapiteaux campaniformes. Les faces intérieures
du 1er pylône présentent des scènes militaires.
Sur le massif de gauche, massacre des Libyens, sur le massif de droite,
triomphe du roi qui assiste au comptage des mains et des pénis.
C'était ainsi que l'on comptait le nombre de soldats ennemis
tués afin que les unités militaires soient récompensées
proportionnellement.
La
seconde cour et son portique

Elle
est célèbre par ses reliefs peints. C'est là que
se déroulaient certaines fêtes (fête de la Vallée)
et les reliefs évoquent les différentes étapes
des processions religieuses. La majorité des parois sont consacrées
aux fêtes du dieu ithyphallique-Min et du gardien de l'outre-tombe
Ptah-Sokar.
Le
toit de la colonnade est supporté par des colonnes aux chapiteaux
papyriformes fermés. Les côtés est et ouest sont
occupés par des piliers osiriaques. Du fait de son emplacement
à l'abri du vent et du plafond bien préservé de
la colonnade, la peinture originale a gardé sa vivacité
et sa fraîcheur pendant plus de trois millénaires.
Sur
l'architrave au-dessous du disque ailé.
à
gauche : nom de naissance de Ramsès III : Héquaiounou
"Rê
le souverain d'Heliopolis est celui qui l'a mis au monde"
à
droite : nom de couronnement : Ousermaâtrê Mérymen
"Rê
est riche de Maât, l'aimé d'Amon"
Sur
le pilier Ramsès III fait des offrandes à Horus et à
Hathor
Procession
des fils de Ramsès III
La
première salle hypostyle
Seules
les assises inférieures des murs centraux en pierre ainsi que
les colonnes des pièces centrales sont préservées.
Les assises supérieures furent prélevées par des
constructeurs qui utilisèrent le temple comme carrière
de pierre. Malgré l'étendue des dommages, on peut se rendre
compte combien les colonnes étaient rapprochées. Les colonnes
sont profondément incisées de hiéroglyphes rappelant
le nom de Ramsès III.
La
deuxième et troisième salles hypostyles
Ces
pièces sont très endommagées. Sur le côté
gauche, une série de 8 salles étaient consacrées
à la réception dans l'outre-tombe du roi par Osiris. Dans
la première le roi reçoit des offrandes de Thot et d'un
prêtre et il célèbre "l'ouverture de la bouche".
Après la troisième salle, soutenue autrefois par 6 colonnes,
on parvenait au saint des saints qui est compétement ruiné.