
Le
trésor de Toutankhamon
En
1892, Howard Carter, jeune dessinateur est engagé par un institut
britannique pour dessiner des bas-reliefs et inscriptions du temple
de Montouhotep ( 2060-2010 av.JC), à Deir el-Bahari. Il se prend
de passion pour la Vallée des Rois. Il entre ensuite au service
des Antiquités en 1899 et est nommé Inspecteur des Antiquités
de Haute Egypte. Il conseille à Théodore Davis, riche
américain de fouiller la Vallée des Rois, persuadé
qu'il reste encore des tombes royales. Il découvre ainsi les
tombes de la reine Hatchepsout et de Thoutmosis IV, pillées toutes
les deux. Promu en 1903 Inspecteur de Basse et Moyenne Egypte, il s'installe
au Caire. Contraint de donner sa démission suite à un
incident avec des touristes, Carter sans emploi, peint des paysages.
En
1903, George Carvarvon, comte Carnarvon, riche collectionneur, amateur
de chevaux de course et d'automobiles vient passer l'hiver en Egypte.
Il a eu un terrible accident de voiture qui le laisse à demi
paralysé, sa poitrine étant touchée, les médecins
lui conseillent d'éviter les brumes britanniques. Il s'attache
à l'Egypte et décide d'entreprendre des fouilles. Il sollicite
une concession et Gaston Maspero, qui dirige le service des Antiquités
de l'Egypte, voit un moyen d'aider Carter. Il conseille à Lord
Carvarvon qui n'a aucune compétence archéologique d'engager
Carter comme chef de chantier. Pendant 10 ans, de 1912 à 1922,
Carter et Carnarvon explorent en vain la Vallée des Rois. Découragés,
ils pensent arrêter leurs recherches quand le 4 novembre 1922,
les ouvriers découvrent un escalier de pierre. Carter commence
à dégager, il aura le courage d'arrêter pour attendre
Carnarvon, alors en Angleterre et qui arrive le 23 novembre. Le 26,
la descenderie est praticable. Carter enlève quelques pierres
pour ouvrir la seconde porte et passe une bougie dans l'ouverture. Il
voit des formes étranges apparaître : des animaux, des
statues, l'or étincelle. Il reste silencieux et Carvarvon s'impatiente
"Voyez-vous quelque chose ? " et Carter ne peut que
répondre "Oui, des choses merveilleuses".
Howard
Carter mettra plus de 10 ans à enlever, transporter des centaines
d'objets trouvés dans la tombe. Il meurt en 1939 avant d'avoir
pu publier le rapport définitif de sa découverte.
Le
5 avril 1923, Lord Carnarvon meurt d'une piqûre de moustique infectée,
avant que la tombe ne soit complètement fouillée. Cette
mort brutale donnera naissance à la légende de la malédiction
de Toutankhamon.
La Reine Ankhesenpaaton ajuste le collier de Toutankhamon.
Le
cercueil en or massif était emboîté dans deux autres
cercueils en bois. La momie du roi qui se trouvait à l'intérieur,
avait le visage recouvert du masque funéraire en or massif d'un
poids de 10,23 kg.
Le
trésor de Tanis
En
1939, à Tanis, Pierre Montet découvre le tombeau de Psousennès
Ier ( 1039-991 av.JC), inviolé (celui de Toutankhamon avait été
victime 2 fois de pillards et à chaque fois scellé) qui
abrite aussi le mobilier funéraire de son général
et deux de ses successeurs. La découverte de Pierre Montet a
été éclipsée par le déclenchement
de la seconde guerre mondiale et pourrait prétendre rivaliser
avec le trésor de Toutankhamon.
La partie supérieure est enrichie d'or.
La
palette de Narmer
Avec
cette palette de schiste (3150 av.JC) découverte en 1894 sur
la rive gauche du Nil à Hiérakonpolis, l'Egypte fait son
entrée dans l'histoire. On y trouve le plus ancien exemple d'écriture
; dans la partie supérieure de chaque face, le nom de Narmer,
identifié à Ménès, le premier roi du Double
Pays, est transcrit par les deux signes hiéroglyphiques du poisson
(nar) et du burin (mer). Les scènes représentent les étapes
de l'unification du Double-Pays sous le sceptre de Narmer.
Au
recto. Le roi coiffé de la couronne de la Basse-Egypte
( le mortier rouge), conduit une procession, il se dirige vers huit
ennemis décapités, la tête placée entre leurs
jambes. Les quatres porte-étandards qui précèdent
la procession royale soutiennent en haut de leurs perches quatre symboles
(le chiffre 4 évoque les points cardinaux) associés à
la personne royale et à son pouvoir :
-
le placenta royal, c'est-à-dire le roi avant sa naissance,
-
le chien, Khentamentiou, dieu gardien des nécropoles occidentales,
-
les deux faucons incarnant l'autorité royale sur la Haute et
la Basse-Egypte ( au Sud et au Nord).
Ainsi
le roi proclame-t-il son pouvoir absolu et royal, selon les deux axes
qui définissent le territoire : celui de la course solaire, d'Est
en Ouest ( pour le roi, de l'oeuf à la vie éternelle).
Au
registre inférieur, le roi symbolisé par un taureau, l'animal
redoutable entre tous pour les Egyptiens, piétine un ennemi tandis
qu'il renverse de ses cornes les murs de briques d'une citadelle. Sur
le sommet des deux faces, représentation de la déesse
Hathor.
Au
verso, on
voit le roi coiffé de la couronne de la Haute-Egypte ( la mitre
blanche) frapper de sa masse un prisonnier au sol qu'il tient par les
cheveux. En arrière-plan, Horus, le dieu protecteur de la dynastie,
tient en longe un prisonnier émergeant des eaux du Delta.
La
palette de Narmer présente le programme de civilisation qui restera
en vigueur pendant près de trois millénaires.
-
la figure d'Hathor, la déesse aux cornes de vache,
-
le massacre des prisonniers,
- le faucon Horus,
-
les couronnes de Haute et Basse-Egypte.
Statue
de Djoser, roi de la IIIème dynastie (
2700- 2620 av.JC)

Cette
oeuvre n'était pas destinée à être vue mais
permettait au contraire au défunt de voir. Elle était
dissimulée dans le serdab du complexe funéraire de Djoser
à Saqqara (remplacée par une copie), ne communiquant avec
l'extérieur que par une ouverture pratiquée au niveau
des yeux. C'est donc la tête du personnage qui a retenu toute
l'attention du sculpteur. Les traits du visage sont nettement individualisés,
telle la bouche charnue, qui semble esquisser une moue de dédain.
Cette statue servait d'intermédiaire entre le roi défunt
et le monde des vivants. Eclairé par des yeux autrefois incrustés,
le visage porte les marques traditionnelles de la royauté : la
barbe postiche divine, la lourde perruque, le némès, où
l'on distingue encore les traces de couleurs.
Statue
de Khéphren ( vers 2558-2533 av.JC)
C'est
l'une des 32 statues qui ornaitent le temple de la vallée du
complexe funéraire du roi à Guizeh.
Cette
statue est un chef-d'oeuvre qui résume la gloire de l'Ancien
Empire : par le matériau, la diorite, réservée
aux effigies royales ; par la perfection technique atteinte par les
artistes de son règne (poli de la pierre, puissance d'expresion
des traits) ; par la majesté de l'attitude du souverain, fils
de Khéops et constructeur du célèbre Sphinx de
Guizeh.
Le
roi tient l'emblème du pouvoir de sa main droite, il est assis
sur son trône, orné sur ses faces latérales du Séma-taouy,
l'union du lys et du papyrus, symboles du Double-Pays. Sur sa nuque,
le faucon Horus déploie ses ailes pour protéger celui
qui est l'Horus vivant, dépositaire du pouvoir terrestre.
Rahotep
et son épouse Néfret

Lorsqu'ils
découvrirent ces statues datant du règne de Snéfrou,
début de la IVe dynastie, au fond d'un mastaba de Meïdoum,
les ouvriers d'Auguste Mariette prirent leurs jambes à leur cou,
croyant voir deux djinns surgir des profondeurs de la terre. Saisissants
de réalisme, les visages s'apparentent à l'art du portrait,
tandis que les attitudes sont plus conventionnelles : la majesté
de la posture doit en effet traduire les hautes fonctions qu'occupait
le défunt.