MUSEE EGYPTIEN

 
   

 

 
 

 

La salle des momies

Dans cette salle sont conservées les momies des plus grands pharaons retrouvées dans la cachette de Deir el Bahari : Thoutmosis I et IV, Sethi Ier, Ramsès II et V, Méremptah.
Dans les années 1870, Gaston Maspero, alors directeur des Antiquités égyptiennes fut étonné de voir sur le marché de l'antiquité à Louxor de très belles pièces que les antiquaires proposaient à la clientèle riche. Il fit faire une enquête qui le dirigea vers la famille Abd el Rassoul, du village de Gourna. C'est à la suite d'une dispute familiale que l'un des frères se décida de tout révéler à la police. C'est dans une enfractuosité de la montagne, près du temple d'Hatchepsout, que les policiers découvrirent une quarantaine de momies, dont celles des plus célèbres pharaons du Nouvel Empire. Elles avaient été dissimulées là par les prêtres d'Amon pour les soustraire aux pillards. Le puits fut vidé par le service des Antiquités et on embarqua les momies sur le bateau à destination du Caire. Tout au long du parcours, les femmes poussaient des hurlements tandis que les hommes tiraient des coups de fusils : c'était le dernier hommage qu'ils rendaient à leurs lointains souverains.

Momie de Ramsés II

Le trésor de Toutankhamon

Howard Carter Lord Carnarvon

En 1892, Howard Carter, jeune dessinateur est engagé par un institut britannique pour dessiner des bas-reliefs et inscriptions du temple de Montouhotep ( 2060-2010 av.JC), à Deir el-Bahari. Il se prend de passion pour la Vallée des Rois. Il entre ensuite au service des Antiquités en 1899 et est nommé Inspecteur des Antiquités de Haute Egypte. Il conseille à Théodore Davis, riche américain de fouiller la Vallée des Rois, persuadé qu'il reste encore des tombes royales. Il découvre ainsi les tombes de la reine Hatchepsout et de Thoutmosis IV, pillées toutes les deux. Promu en 1903 Inspecteur de Basse et Moyenne Egypte, il s'installe au Caire. Contraint de donner sa démission suite à un incident avec des touristes, Carter sans emploi, peint des paysages.

En 1903, George Carvarvon, comte Carnarvon, riche collectionneur, amateur de chevaux de course et d'automobiles vient passer l'hiver en Egypte. Il a eu un terrible accident de voiture qui le laisse à demi paralysé, sa poitrine étant touchée, les médecins lui conseillent d'éviter les brumes britanniques. Il s'attache à l'Egypte et décide d'entreprendre des fouilles. Il sollicite une concession et Gaston Maspero, qui dirige le service des Antiquités de l'Egypte, voit un moyen d'aider Carter. Il conseille à Lord Carvarvon qui n'a aucune compétence archéologique d'engager Carter comme chef de chantier. Pendant 10 ans, de 1912 à 1922, Carter et Carnarvon explorent en vain la Vallée des Rois. Découragés, ils pensent arrêter leurs recherches quand le 4 novembre 1922, les ouvriers découvrent un escalier de pierre. Carter commence à dégager, il aura le courage d'arrêter pour attendre Carnarvon, alors en Angleterre et qui arrive le 23 novembre. Le 26, la descenderie est praticable. Carter enlève quelques pierres pour ouvrir la seconde porte et passe une bougie dans l'ouverture. Il voit des formes étranges apparaître : des animaux, des statues, l'or étincelle. Il reste silencieux et Carvarvon s'impatiente "Voyez-vous quelque chose ? " et Carter ne peut que répondre "Oui, des choses merveilleuses".

Howard Carter mettra plus de 10 ans à enlever, transporter des centaines d'objets trouvés dans la tombe. Il meurt en 1939 avant d'avoir pu publier le rapport définitif de sa découverte.
Le 5 avril 1923, Lord Carnarvon meurt d'une piqûre de moustique infectée, avant que la tombe ne soit complètement fouillée. Cette mort brutale donnera naissance à la légende de la malédiction de Toutankhamon.

Masque d'or de Toutankhamon Détail du trône en bois recouvert de feuilles d'or et décoré de pâte de verre et de pierres semi-précieuses La Reine Ankhesenpaaton ajuste le collier de Toutankhamon.

Le cercueil intérieur en or massif de Toutankhamon : 110,4 kg Deuxième cercueil en bois revêtu de feuilles d'orLe cercueil en or massif était emboîté dans deux autres cercueils en bois. La momie du roi qui se trouvait à l'intérieur, avait le visage recouvert du masque funéraire en or massif d'un poids de 10,23 kg.

Le trésor de Tanis

En 1939, à Tanis, Pierre Montet découvre le tombeau de Psousennès Ier ( 1039-991 av.JC), inviolé (celui de Toutankhamon avait été victime 2 fois de pillards et à chaque fois scellé) qui abrite aussi le mobilier funéraire de son général et deux de ses successeurs. La découverte de Pierre Montet a été éclipsée par le déclenchement de la seconde guerre mondiale et pourrait prétendre rivaliser avec le trésor de Toutankhamon.

Cercueil en argent massif de Psousennès Ier

La partie supérieure est enrichie d'or.

 

 

La palette de Narmer

La palette de NarmerAvec cette palette de schiste (3150 av.JC) découverte en 1894 sur la rive gauche du Nil à Hiérakonpolis, l'Egypte fait son entrée dans l'histoire. On y trouve le plus ancien exemple d'écriture ; dans la partie supérieure de chaque face, le nom de Narmer, identifié à Ménès, le premier roi du Double Pays, est transcrit par les deux signes hiéroglyphiques du poisson (nar) et du burin (mer). Les scènes représentent les étapes de l'unification du Double-Pays sous le sceptre de Narmer.

Au recto. Le roi coiffé de la couronne de la Basse-Egypte ( le mortier rouge), conduit une procession, il se dirige vers huit ennemis décapités, la tête placée entre leurs jambes. Les quatres porte-étandards qui précèdent la procession royale soutiennent en haut de leurs perches quatre symboles (le chiffre 4 évoque les points cardinaux) associés à la personne royale et à son pouvoir :
- le placenta royal, c'est-à-dire le roi avant sa naissance,
- le chien, Khentamentiou, dieu gardien des nécropoles occidentales,
- les deux faucons incarnant l'autorité royale sur la Haute et la Basse-Egypte ( au Sud et au Nord).
Ainsi le roi proclame-t-il son pouvoir absolu et royal, selon les deux axes qui définissent le territoire : celui de la course solaire, d'Est en Ouest ( pour le roi, de l'oeuf à la vie éternelle).
Au registre inférieur, le roi symbolisé par un taureau, l'animal redoutable entre tous pour les Egyptiens, piétine un ennemi tandis qu'il renverse de ses cornes les murs de briques d'une citadelle. Sur le sommet des deux faces, représentation de la déesse Hathor.

Au verso, on voit le roi coiffé de la couronne de la Haute-Egypte ( la mitre blanche) frapper de sa masse un prisonnier au sol qu'il tient par les cheveux. En arrière-plan, Horus, le dieu protecteur de la dynastie, tient en longe un prisonnier émergeant des eaux du Delta.

La palette de Narmer présente le programme de civilisation qui restera en vigueur pendant près de trois millénaires.
- la figure d'Hathor, la déesse aux cornes de vache,
- le massacre des prisonniers,
- le faucon Horus,
- les couronnes de Haute et Basse-Egypte.

Statue de Djoser, roi de la IIIème dynastie ( 2700- 2620 av.JC)

Statue de Djoser

Cette oeuvre n'était pas destinée à être vue mais permettait au contraire au défunt de voir. Elle était dissimulée dans le serdab du complexe funéraire de Djoser à Saqqara (remplacée par une copie), ne communiquant avec l'extérieur que par une ouverture pratiquée au niveau des yeux. C'est donc la tête du personnage qui a retenu toute l'attention du sculpteur. Les traits du visage sont nettement individualisés, telle la bouche charnue, qui semble esquisser une moue de dédain. Cette statue servait d'intermédiaire entre le roi défunt et le monde des vivants. Eclairé par des yeux autrefois incrustés, le visage porte les marques traditionnelles de la royauté : la barbe postiche divine, la lourde perruque, le némès, où l'on distingue encore les traces de couleurs.

Statue de Khéphren ( vers 2558-2533 av.JC)

Statue de KhéphrenC'est l'une des 32 statues qui ornaitent le temple de la vallée du complexe funéraire du roi à Guizeh.

Cette statue est un chef-d'oeuvre qui résume la gloire de l'Ancien Empire : par le matériau, la diorite, réservée aux effigies royales ; par la perfection technique atteinte par les artistes de son règne (poli de la pierre, puissance d'expresion des traits) ; par la majesté de l'attitude du souverain, fils de Khéops et constructeur du célèbre Sphinx de Guizeh.
Le roi tient l'emblème du pouvoir de sa main droite, il est assis sur son trône, orné sur ses faces latérales du Séma-taouy, l'union du lys et du papyrus, symboles du Double-Pays. Sur sa nuque, le faucon Horus déploie ses ailes pour protéger celui qui est l'Horus vivant, dépositaire du pouvoir terrestre.

Rahotep et son épouse Néfret

Lorsqu'ils découvrirent ces statues datant du règne de Snéfrou, début de la IVe dynastie, au fond d'un mastaba de Meïdoum, les ouvriers d'Auguste Mariette prirent leurs jambes à leur cou, croyant voir deux djinns surgir des profondeurs de la terre. Saisissants de réalisme, les visages s'apparentent à l'art du portrait, tandis que les attitudes sont plus conventionnelles : la majesté de la posture doit en effet traduire les hautes fonctions qu'occupait le défunt.

 

   
 
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