
Philae,
c'est tout d'abord un site : une île d'où émergent,
au-dessus des bosquets de lauriers roses et d'acacias, les hauts pylônes
d'un temple, l'un des derniers que nous ait légués l'Ancienne
Egypte.
L'île,
c'est l'île d'Agilkia sur laquelle le temple a été
transporté et inauguré le 10 mars 1980. On a redessiné
ses contours à l'image de l'île originelle qui avait la
forme d'un oiseau. Le 8 mai 1958, René Maheu, directeur général
de l'Unesco, lançait un nouvel appel, après Abou Simbel,
pour le sauvetage du dernier grand temple d'Egypte menacé par
les eaux. En effet, Philae était submergé une partie de
l'année. La faute en était non pas au grand barrage, mais
à celui édifié par les Britanniques au début
du XXème siècle
Le
temple d'Isis
Isis,
la magicienne, épouse d'Osiris établit sa demeure à
Philae après avoir rendu vie au cadavre de son mari sur l'île
de Biggeh. La forme d'oiseau de l'île rappelait qu'Isis avait
pris cet aspect pour étre fécondée par Osiris en
voletant au-dessus de son corps.
Les
travaux d'un sanctuaire à Isis avaient débuté sous
Nectanébo Ier ( IVème siècle av.JC ), mais c'est
aux derniers souverains d'Egypte, les Ptolémées, que l'on
doit le plus vaste temple du pays dédié à la déesse.
La dévotion à Isis se développe à partir
de la Basse Epoque et se répandit dans tout l'Empire romain.
Ce culte y survécut à l'édit de Théodose
(391) proscrivant la fréquentation des temples.
En
arrivant sur l'île d'Agilkia.
Le
1er pylône
Comme
il est d'usage, deux puissants môles encadrent la porte d'entrée
du temple. Ils portent les représentations rituelles du massacre
des prisonniers perpétrés par le pharaon, ici Ptolémée
XII ( 80- 51 av.JC), coiffé de la mitre blanche de Haute-Egypte
à droite et du mortier rouge de la Basse-Egypte à gauche.
Contrairement à ce qui se faisait habituellement, la symétrie
n'a pu être respectée sur les deux massifs. Celui de gauche
est percé d'une porte secondaire qui donnait accès au
mammisi situé dans la cour intérieure du temple.
La
cour intérieure du temple d'Isis, avec le premier pylône
et le portique du mammisi, le sanctuaire de la naissance divine.
Les
reliefs montrent le roi Ptolémée massacrant des ennemis
en présence d'Isis. Le niveau supérieur s'orne de scènes
d'offrandes, l'on peut distinguer le roi, Horus et Isis.
La
salle hypostyle peinte par David Roberts en 1838

Devant
la porte, subsistent les restes endommagés de 2 lions de granit
comme on en retrouve dans les temples de Nubie. Ils étaient accompagnés
de 2 obélisques qui furent transportés en Angleterre.
Au
pied du môle de droite dans la cour, un bloc de granit fut aplani
de manière à lui donner l'apparence d'une stèle
: le texte gravé rappelle que Ptolémée VI (180-145
av.JC) accorda au domaine de Philae la possession du Dodécaschène,
cette région aux nombreuses mines d'or qui s'étend sur
120 km au Sud d'Assouan.
Le
roi présente des offrandes aux dieux (disposés sur quatre
registres) qui, en échange, étendent leurs bienfaits sur
la terre.
La
scène principale montre le roi faisant une offrande à
Isis et Hathor.
Le
kiosque de Trajan
Le
kiosque en 1938

Cet
édifice d'une grande élégance fut construit par
l'empereur romain qui y a laissé son cartouche. Il est délimité
par 14 colonnes aux chapiteaux à ombrelles de papyrus, reliées
par des murs-bahuts qui n'ont reçu qu'une ébauche de décoration.
On peut y voir également de nombreux graffitis de scènes
de navigation laissés par les derniers adorateurs de la déesse.
Il devait servir de reposoir à la barque sacrée de la
déesse Isis lorsque celle-ci arrivait ou quittait l'île.
Elle rendait visite à Osiris à Biggeh tous les dix jours
pour les libations en honneur à son époux.
Le
kiosque de Trajan était le seul monument visible au-dessus de
l'eau quand l'île était submergée, après
la construction de premier barrage.
Le
pavillon de Nectanébo 1er
Le
pavillon servait aux cérémonies qui se déroulaient
quand la déesse quittait l'île et y revenait. Les colonnes
sont à l'effigie de la déesse Hathor, déesse de
l'amour, qui partageait les dévotions avec Isis.
Son
et lumière.
