Le
mastaba
A
l'époque prédynastique, avant 3000 de notre ère,
les défunts étaient déposés au fond d'une
fosse rectangulaire, recouverte ensuite par un tertre de sable parfois
retenu par un muret en brique. La fragilité de ce dispositif,
alors que la sépulture était destinée à
servir de demeure éternelle, conduisit les Egyptiens à
transformer ce simple monticule en une véritable construction,
en briques séchées puis en pierre. Sa forme parallélépipédique
lui a valu son nom moderne de mastaba, terme arabe désignant
une banquette. Le mastaba était la sépulture des Nobles
et des dignitaires de la cour.
Mastaba
de Kagemni
Kagemni
était un haut dignitaire de Téti ( VIème dynastie,
env 2320 av.JC ). Sa tombe présente un ensemble de reliefs de
très grande qualité. Dans une salle supportée par
trois piliers, le mur de droite présente une scène de
navigation. Sous les embarcations, est représentée la
faune aquatique dans toute sa diversité : poissons de diverses
espèces, calamars ; on assiste également à une
chasse à l'hippopotame.
Sur le petit mur de droite, scènes de danses féminines.
Dans le corridor, le défunt est représenté jusqu'au
détail de ses ongles, avec sa chevelure frisée pleine
de délicatesse. Il reçoit les offrandes funéraires
qui lui sont destinées. Vient ensuite le puits qui conduit à
la chambre funéraire et à la salle de la stèle
fausse-porte. C'est une stèle aménagée qui imite
une porte. Elle permet le passage entre le monde des morts et celui
des vivants avec ses montants et une natte enroulée au-desus
du simulacre d'ouverture : c'est par là que l'âme (le ka)
du défunt prenait possession des offrandes déposées
sur l'autel en avant de la fausse-porte.
Le
Ka est tout ce qui anime, c'est la force vitale et la joie
de vivre. Il remplit de vie le corps et les statues servent de corps
au Ka, il a besoin de nourriture pour vivre.
Pyramide
à degrés de Djoser 
Djoser,
2ème roi de la IIème dynastie, env. 2168-2649 av.JC
La
pyramide à degrés domine l'ensemble funéraire de
Djoser sur le plateau de Saqqara. Cette tombe fut conçue au départ
comme un mastaba traditionnel et Djoser fut le premier souverain à
confier à un architecte la construction d'un monument funéraire
grandiose. Imhotep devint ainsi le premier architecte connu de l'histoire
et son oeuvre, la première pyramide funéraire du monde.
Il eut la géniale intuition de superposer 6 mastabas de taille
décroissante, donnant naissance à une pyramide à
degrés de 60 m de haut. Pour garantir à son maître
la pérennité pour des siècles et des siècles,
il préconisa l'emploi de la pierre de taille jusque là
réservée à quelques éléments d'architecture.
Les marches n'ont jamais été comblées, l'ensemble
n'a jamais eu de faces unies. Imhotep fut un personnage hors du commun,
prêtre, médecin, magicien et écrivain au point que
des générations entières l'ont vénéré
comme un saint. Sa qualité de prêtre d'un temple l'avait
familiarisé avec les croyances funéraires liées
au départ du souverain de cette vie pour rejoindre au ciel ses
compagnons divins.
La
cour du Heb Sed
La
fête Sed était célébrée par
le pharaon au terme de 30 années de règne. Après
que le Pharaon a reçu la bénédiction des principales
divinités du pays, il renouvelle sa possession du Double Pays
en assistant, depuis la maison du Nord puis depuis celle du Sud, au
cortège des tributs apportés par les habitants, des troupeaux
de boeufs notamment, il reçoit l'hommage des hauts dignitaires
et du peuple. Vient ensuite le rituel : pour prouver sa vigueur et donc
son aptitude à exercer le sacerdoce supérieur, le souverain
entreprend une course rituelle, le sceptre à la main et vêtu
seulement d'un pagne à queue ; il tire ensuite une flèche
vers chacun des quatre points cardinaux, prenant possession de l'univers.
Cette
esplanade est bordée au Nord et au Sud des ruines de deux édifices
appelés par les archéologues " maison du Nord et
maison du Sud ". C'est là que pharaon recevait l'hommage
de ses sujets. Ces maisons présentaient une façade dotée
de 4 colonnes cannelées supportant une corniche cintrée.
Le
temple funéraire et le Serdab
Contre
le flanc Nord de la pyramide s'élevait le temple funéraire
du Roi, où était célébré le culte
en son honneur ; il n'en reste que quelques pans de murs. C'est dans
ce temple que commençait la descenderie conduisant au puits funéraire
et aux appartements. Il est précédé, vers l'est
du Serdab, par un édicule presque aveugle qui renfermait la statue
du Roi : deux orifices percés au niveau des yeux permettaient
au Roi défunt de communiquer avec le monde des vivants et de
recevoir l'encens que les prêtres chargés du culte brûlaient
en son honneur. La statue de Djoser, exposée au musée
du Caire, a été remplacée par un moulage.
Le
tombeau méridional de Djoser
L'angle
Sud-Ouest de l'enceinte est occupé par une construction maçonnée
dont la corniche s'orne d'une remarquable frise de cobras.
Cet ensemble a été identifié par Jean-Philippe
Lauer comme le tombeau méridional du Roi. Les souverains des
dynasties précédentes avaient en effet coutume de posséder,
outre leur tombeau de Saqqara, un cénotaphe à Abydos,
dans le Sud du pays. Djoser avait aussi suivi cette tradition, mais
en choisissant de faire creuser sa 2ème sépulture dans
la partie Sud de son complexe funéraire.
Un
escalier permet de franchir vers l'extérieur le mur du complexe.
En contrebas, on découvre un puits profond de 28 m qui conduit
à un complexe funéraire orné, comme sous la pyramide,
de panneaux de tuile de faïence. Il recèle également
trois reliefs figurant le Roi. Cette 2ème sépulture aurait
servi à abriter les vases canopes.

L'escalier
aboutit à une terrasse surmontant le mur d'enceinte ; on y voit
une profonde tranchée dotée d'un escalier conduisant aux
chambres funéraires. Du côté Sud on peut accéder
aux sépultures de la nécropole Sud une fois le mur d'enceinte
franchi.
